Energie verte : qui sont les vrais fournisseurs et les « arnaqueurs », en France ?

Rendu public le 28 septembre 2018, le classement annuel de Greenpeace des meilleurs fournisseurs d’électricité verte en France fait mouche. Il s’agit, pour l’ONG, de donner l’opportunité aux consommateurs de faire le bon choix de leur fournisseur d’énergie.

Les 3 premiers du classement

Il s’agit d’énergéticiens qui ne badinent pas avec la qualité du service qu’ils fournissent. Leur électricité ne provient pas du nucléaire, d’énergies fossiles ou encore de gaz de schistes. Par ordre de mérite, il s’agit d’Énergie d’ici, d’Enercoop et d’Ilek. Selon Alix Mazounie, chargée de campagne énergie pour Greenpeace France, ces 3 fournisseurs proposent une électricité qui intègre à 95 % des énergies renouvelables. Elles se sont toutes distinguées par leurs gros efforts dans la transition énergétique. En outre, elles soutiennent les producteurs d’électricité verte, toute chose qui renforce leur image d’entreprises sérieuses.

Dans un marché encore incomplètement maîtrisé, beaucoup de fournisseurs d’énergie versent dans la tricherie, grâce au système des certificats « verts ». Il s’agit de documents attestant de l’origine verte d’une électricité, et que les fournisseurs peuvent acheter. Ce qui ouvre la voie à toute sorte d’abus, puisqu’il est possible pour un énergéticien d’approvisionner ses clients à partir d’une source d’énergie fossile ou nucléaire, en leur assurant qu’elle est verte grâce au certificat. Pour ce classement, Greenpeace a évalué les fournisseurs suivant une batterie de 4 critères :

Le type d’électricité produite (applicable uniquement aux fournisseurs qui produisent leur propre électricité) ;
La politique d’achat de l’énergie électrique ;
L’utilisation des « garanties d’origine » ;
Les investissements effectués, ou prévus, ou les retraits d’installations inadaptées qui ont été réalisés, depuis le dernier classement.

Qui sont les moins bons, et les récalcitrants ?

Six fournisseurs se démarquent, par leurs efforts remarquables (mais insuffisants), dans le processus de transition énergétique. Greenpeace a jugé qu’ils devraient davantage intégrer des énergies renouvelables dans leur réseau de distribution, pour avancer dans le classement. Il s’agit de Planète oui, Energem-UEM, Alterna, Gaz, électricité de Grenoble (GEG), ekWateur et Sélia. Quatre autres devraient montrer plus de volonté, notamment : La coopérative Lucia, Plüm Energie, Energies du Santerre et Proxelia.

Selon Greenpeacee, ces fournisseurs d’énergie ne se montrent pas très enclins à soutenir le développement des énergies renouvelables. Ceux-ci peuvent « s’estimer heureux », face aux canards boiteux du classement, qui ne sont d’autres que les fournisseurs classiques : Engie, EDF, Sowee, Happ-e, Total et ses filiales Direct Énergie et Total Spring.

Amorcer le processus de transition énergétique semble ne guère être leur préoccupation, puisque qu’ils continuent à massivement investir dans des énergies pas propres : nucléaire, gaz de schiste, charbon, pétrole… EDF, par exemple, fournit une électricité provenant presqu’exclusivement du nucléaire ; ce que Greenpeace a toujours combattu. Total, quant à elle poursuit à grands frais les explorations et exploitations de puits de pétrole. Engie jouit d’une évaluation en demi-teinte. Greenpeace admet que le fournisseur fait des efforts pour s’investir dans le renouvelable. Cependant, elle continue à produire une électricité fortement émettrice de gaz à effet de serre, notamment à son parc nucléaire belge.

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